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Six personnages en
quête d'auteur (État des Lieux)
un
texte de Luigi Pirandello
Cette
"mise en abîme", selon l'expression consacrée, est
avant
tout une mise en situation. Un théâtre, une
troupe, six
Personnages, pas d'auteur. Il nous faut prendre Pirandello au mot.
Qui
a pratiqué le théâtre a
forcément en
mémoire ces instants étranges, parfois irritants,
du
début de répétition. On se salue, on
s'embrasse,
ça va et toi, petites conversations anodines,
etc… Le
metteur en scène lance toutes les deux minutes un sonore :
"Bon,
on y va?" Il y a tout de suite une question, un problème
technique à régler, le décor, un
costume à
voir, et bon, "on n'y va pas"…
"Mais enfin nous
répétons!" Non, ils ne
répètent pas, ils ne
font rien, ils ne savent pas vraiment quoi faire, ils sont dans le
creux, dans une tentative d'occupation, ils nous ressemblent tant.
Ainsi
que le pratique le Zinc Théâtre, nous empoignerons
l'oeuvre avec vigueur et santé. Pas question de se laisser
aller
dans les moments difficiles. Plus c'est terrible, plus c'est
drôle. Nous développerons la partie
consacrée
à la troupe de théâtre, que Pirandello
de son
propre aveu a un peu négligée. Il faut maintenir
la
situation de bout en bout. Le drame familial est dit devant des
témoins actifs. D'où des textes additionnels, des
reprises et, si la chose s'avère possible, des
improvisations en
représentation.
Il y a quelque chose de
délibérément inachevé dans
l'oeuvre de
Pirandello. Elle demande à être
bousculée,
violentée. Nous le ferons, sans l'achever, quand
même. Il
faut en laisser pour les autres...
Ce sera un spectacle baroque, un
peu fou, où le banal côtoie l'excès,
où le
tragique est drôle et le drôle
pathétique. Humains,
trop humains !
Daniel Briquet |